Review : Aposimz – La planète des marionnettes !

[Ningyô no Kuni]
Manga Seinen édité chez Glénat
Auteur : Tsutomu Nihei (Blame, Biomega, Abara, Knight of Sidonia…)
1 tome / en cours (3 volumes, en cours au Japon)
Thèmes : SF, combat, post apocalyptique

Synopsis:
Sur l’astre artificiel géant Aposimz, couvert de ruines… En plein milieu d’un exercice de marche, Ao, Biko et Esserow, habitants de la “poutrelle à la macle blanche” viennent au secours d’une fille étrange poursuivie par des soldats de l’empire de Revidor. Celle-ci leur confie un “code” et sept projectiles capables de bouleverser le monde !

Tsutomu Nihei est de retour !
En plus de la ré-édition deluxe de « Blame », série phare de l’auteur, Glénat nous propose de découvrir « Aposimz – La planète des marionnettes » son nouveau Manga en cours ainsi qu’un Artbook qui comprendra des illustrations tirées de plusieurs titres de l’auteur. Sobrement nommé « Blame! and so on », ce dernier sortira le 16 janvier 2019, pile à temps pour accueillir le Mangaka , invité au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême pour la seconde fois de sa carrière.

Élève de Tsutomu Takahashi, Nihei ne s’est pas cantonné au Manga puisque son dessin atypique a également embrassé les Comics, fait qui n’a rien de surprenant étant donné qu’il a étudié aux États-Unis pendant plusieurs années.

L’arme qui pourrait changer la donne
Aposimz nous immerge dans une fiction post apocalyptique dans laquelle l’humanité ne subsiste que difficilement au milieu d’un univers inhospitalier où chaque nouvelle journée est synonyme de sursis. La plupart des « habitants » sont devenus des marionnettes contaminées définitivement, ayant perdu toute conscience. Ces derniers sont isolés en quarantaine, marchant indéfiniment, tant que leur « corps » fonctionne… Un état d’errance perpétuelle qu’aucun ne voudrait connaître.

Dominés par l’empire Revidor qui abuse de son pouvoir, les civils, impuissants, ne peuvent que se soumettre et subir les traitements infligés par certains soldats par peur de se voir transformés en marionnettes en guise de châtiment ou par amusement.

Ao, simple habitant d’une citadelle va devenir un rebelle en voulant sauver une fille poursuivie par des soldats armés, la réponse de l’empire ne se fait pas attendre et les conséquences seront dramatiques pour toute la colonie… Pourtant, cette « chose » que la fille cherchait à protéger au péril de sa vie, pourrait bien s’avérer très utile et offrir au jeune Ao de quoi s’opposer à l’empire.

Aurait-il mieux fait d’ignorer la scène à laquelle il a assisté par peur des représailles, et se résigner à voir d’autres proches transformés en marionnettes? N’était-ce pas justement là le signal qu’attendaient tout les opprimés pour se réveiller et lutter contre leur condition?

Une série prometteuse
Dans cette histoire de Dark Fantasy futuriste, Nihei déploie une grande richesse scénaristique qui reprend toutefois certains codes, désormais classiques, de ses Manga. Pourtant, aucune impression de lassitude ni même de copié-collé ne subsiste, Aposimz possède son propre univers et son atmosphère unique.

Comme à son habitude, le Mangaka nous gratifie de son trait facilement reconnaissable qui passe de la finesse détaillée au minimalisme éthéré en un clin d’œil. Avec très peu de dialogues, l’auteur sait instiller une ambiance grave au ton dramatique qui rend immersif le déroulement de son récit malgré un découpage ultra classique, peu dynamique qui affaiblit un peu les scènes d’action.

Bilan global positif pour ce premier volume qui se lit très vite et se veut à la hauteur du travail qu’on attend d’un des maîtres incontesté du Manga SF contemporain. Il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au prochain volume qui paraîtra en même temps que l’Artbook, à la mi janvier 2019.

Le trailer

NINGYO NO KUNI © 2017 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd